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Une «smart city», soit une ville intelligente ou astucieuse, adopte la technologie pour accroître le bien-être de ses citoyens de manière efficiente et durable. 

Sa définition s’est cependant élargie avec la prolifération de projets dits «smart». On parle bien de données, de réseaux ou d’objets connectés, mais une ville astucieuse désigne aussi créativité, collaboration et esprit de communauté. Le terme évoque ainsi différentes idées. On peut imaginer la ville connectée, avec des technologies dans chaque recoin qui répondent instantanément aux besoins des habitants. On peut sinon s’attendre à la ville d’innovation, paradis des start-up, où on commande notre repas via notre «smartphone», depuis une voiture empruntée sur le modèle de «ride sharing» qui nous emmène travailler dans un espace de «coworking», et où on enchaîne les anglicismes. Ou alors, on conçoit la ville verte, écologique, avec de nombreux parcs, fermes urbaines ou façades couvertes de plantes.

La réalité est plus équilibrée. En tête des classements, on trouve Londres, Singapour ou Vienne, dont la note dépend des critères priorisés. Chacune de ces villes recherche des solutions astucieuses pour affronter ses défis à travers les domaines. Londres ambitionne d’être la ville la plus intelligente, avec des projets tels que le déploiement de la 5G ou la promotion de la mobilité douce. Singapour a créé Virtual Singapore, un modèle 3D de la ville qui sert d’outil pour la planification de projets urbains. De son côté, Vienne vante par exemple ses initiatives d’e-santé ou d’open data. Le mouvement n’est toutefois pas réservé aux grandes villes. Santander en Espagne compte des milliers de senseurs pour ses 180 000 habitants, et la commune de Saint-Grégoire en France veut devenir une «small smart city», proposant par exemple à ses 10 000 habitants un réseau social qui sert à renforcer les relations entre voisins, échanger des services ou faire du troc.

Qu’en est-il en Suisse romande? Selon le IMD Smart City Index 2019, Genève mérite la 4e place sur 102 villes évaluées, notamment pour son offre culturelle, ses espaces verts et l’accès à l’éducation. Pully, elle, a été certifiée dans le cadre du programme «Unis pour des villes intelligentes et durables» de l’UIT, qui porte sur la collecte de données environnementales, sociétales, numériques et économiques.

La dynamique prend de l’ampleur depuis quelques années: le Smart City Day, une journée consacrée à la promotion d’initiatives smart city en Romandie, rassemble chaque année des centaines d’acteurs publics et privés. C’est en 2014 qu’Innobridge, bureau de conseil en innovation et créateur de l’événement, a proposé la première édition, répondant à un besoin de vulgarisation du concept smart city et de ses divers aspects.

Les trois premières éditions prenaient pour thème la technologie, le «business case» et la gouvernance de la smart city. En 2017, le citoyen se trouvait au cœur de la discussion, avec le titre «Human Smart City». Celle-ci fut accompagnée d’un hackathon, le premier Smart City Hack, qui a invité des équipes à développer des projets urbains astucieux en l’espace d’un weekend.

Cette même année, Innobridge co-fondait l’association CityZen, un réseau d’entreprises actives dans le domaine smart city. Celle-ci regroupe l’expertise de ses membres et propose un interlocuteur unique pour les villes qui souhaitent devenir plus «smart». L’année suivante, les aspects clés de la ville astucieuse ayant été abordés, le Smart City Day 2018 se questionnait «Villes intelligentes, à quel point?». Et en 2019, parmi les débats sur le climat et les limites de ressources, la 6e édition parlait de «Valoriser le présent pour dessiner l’avenir». 

Ce qui est «smart» pour une ville ne le sera pas forcément pour une autre

En parallèle, le Smart City Hack a évolué pour devenir le Smart City Boost, un programme qui vise à accélérer les développements smart city, ainsi qu’à créer des synergies entre les villes participantes. Genève et Lausanne se sont lancées pour sa première implémentation, qui englobe ateliers, interviews, hackathons et accompagnement de projets. À travers le Smart City Boost, Innobridge encourage l’échange et la co-création entre les départements, entre les entités publiques et privées, et entre les villes, pour mettre en place des solutions concrètes qui répondent aux besoins spécifiques de chaque ville.

Les événements se sont ainsi adaptés chaque année aux besoins des participants, toujours alignés aux objectifs d’informer, de vulgariser et de promouvoir les développements de villes astucieuses. Aujourd’hui, le Smart City Day est une plateforme d’échange transversale qui renforce les liens entre les acteurs de l’écosystème smart city en Suisse romande, où Innobridge se positionne comme centre de compétences.

Les acteurs publics prennent de nombreuses décisions complexes et transversales pour leurs villes ou communes, ce qui alimente le besoin de vulgarisation. La solution se trouve dans la formation. Celle-ci est cruciale notamment dans le domaine des données, pour mieux comprendre leurs opportunités et leurs enjeux, ou pour mieux les interpréter et en tirer les bonnes décisions. Il est aussi essentiel de développer un esprit systémique, pour adopter une vision globale, pour aborder au mieux tous les domaines de la ville astucieuse et pour maintenir l’équilibre entre eux.

La définition de la smart city évolue avec les changements environnementaux, économiques et sociétaux. De plus, ce qui est «smart» pour une ville ne le sera pas forcément pour une autre. Chacune peut apprendre des autres, mais il faut ajuster les idées pour répondre à ses besoins spécifiques. Genève n’est pas Singapour, Pully n’est pas Santander: il convient à chaque ville d’établir sa propre définition de «smart», adaptée à son contexte, à ses citoyens, à sa culture, à ses défis d’aujourd’hui et de demain. Il est donc essentiel d’apprendre et de s’adapter en continu.

Le Smart City Day rassemble chaque année plus de 400 décideurs des communes et cantons, des milieux économiques et académiques. Le succès rencontré depuis 2014 en fait l’événement de référence en Suisse romande.