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La société du Mont-sur-Lausanne est le leader incontesté dans la fabrication et la distribution de bornes de recharge pour véhicules électriques en Suisse. Cela ne l’empêche pas de lorgner sur le reste de la planète en développant des partenariats à l’étranger ou en innovant dans l’aviation, tout en privilégiant un rôle social

En 2009, il n’y avait pratiquement aucun véhicule électrique sur les routes suisses. C’est cette année-là qu’est créé Green Motion, constructeur de bornes de recharges électriques par le jeune entrepreneur, François Randin. Dix ans plus tard, c’est une évidence, le marché de la voiture électrique est en plein essor: entre 2014 et 2017 le nombre de véhicules a quintuplé et selon les prévisions, d’ici 2025, une voiture neuve sur 6 sera électrique avec un parc mondial d’e-automobile de 70 millions de véhicules. Comme l’avait prévu le pionnier visionnaire, ce qui était une simple tendance est devenu un véritable marché économique d’avenir. Et la mobilité suisse ne fait pas exception puisque à la mi 2019, la part de voitures électriques nouvellement immatriculées et celle des véhicules hybrides était neuf fois supérieure à celle de 2018.

Stefan Lendi, directeur du marketing, nous explique comment l’entreprise née dans la région lausannoise, a saisi dès 2009, l’opportunité de se lancer dans l’aventure électrique en devenant immédiatement leader dans le secteur.

Stefan Lendi: « Nous avons commencé à fabriquer des bornes de recharge pour les véhicules électriques à une époque où il n’y en avait pratiquement pas. En étant le premier à parier sur ce nouveau mode de propulsion dès 2009, Green Motion a automatiquement occupé la place de choix sur ce nouveau marché. Nous nous sommes focalisés tout de suite sur les véhicules touristiques, plutôt que sur les petits utilitaires de voirie par exemple et avons opté pour la borne de recharge, indépendamment du type de véhicule. L’idée était de maîtriser l’ensemble de la chaine de valeur de l’infrastructure de recharge, depuis la fabrication de la borne en elle-même, en passant par le firmware (programme intégré dans un matériel informatique pour qu’il puisse fonctionner), le logiciel d’administration de bornes et l’entretien du matériel, avec nos partenaires ».

Ce qui fait également la spécificité de Green Motion, c’est qu’il opère le plus grand réseau de bornes de recharges en Suisse, appelé evpass (prononcer EV-pass), mis en place dès 2016. Il propose plus de 1500 points répartis sur tout le territoire, dont 500 communes. Sa force est de savoir exactement ce que l’utilisateur souhaite tout en pouvant le lui fournir, en tant que fabriquant de matériel et opérateur de réseau.

Si Stefan Lendi nous affirme que Green Motion n’a jamais eu à défendre sa position en Suisse, il concède que l’intervention d’autres acteurs qui sont venus par après pour les challenger n’a évidemment pas été un mal, « la concurrence est une saine stimulation, nous incitant à toujours plus étoffer notre offre de produits et de solutions financières mais aussi à voir plus loin que la voiture et se lancer à l’international, ce qui a été entrepris dès 2017. »

« Notre force est de savoir exactement ce que l’utilisateur souhaite tout en pouvant le lui fournir, en tant que fabriquant de matériel et opérateur de réseau» 

Les premières bornes qui allaient jusqu’à 22 kW en courant alternatif ont laissé la place à de nouvelles infrastructures optimisées. « Notre but, reprend Stefan Lendi, est de densifier le réseau en proposant plus de points de recharge qui doivent être adaptés au lieu de stationnement. Dans les régions urbaines, par exemple, on va proposer la recharge semi rapide puisque les gens vont se garer un long moment, par contre, aux abords des autoroutes, on proposera une recharge très rapide jusqu’à 160 kW, permettant 100 km d’efficience en 5 mn de recharge ».

Last but not least, notre interlocuteur nous apprend que Green Motion s’est déjà installé dans certains aéroports pour alimenter les avions électriques, notamment le SolarStratos piloté par Raphaël Domjan à Payerne et le H55 d’André Borschberg, ancien CEO et pilote de Solar Impulse, cofondateur et président de ce projet basé à Sion.

L’avion électrique SolarStratos, dont la base opérationnelle se situe sur l’aéropôle de Payerne

C’est aussi cette participation dans l’innovation qui permet à l’entreprise de conserver son leadership. Quant à l’internationalisation, elle a débuté il y a une année et demi quand l’entreprise vaudoise est allée exposer ses produits au Consumer Electronic Show de Las Vegas, lieu incontournable de démonstration des véhicules autonomes et engins volants électriques.

C’est par ce biais que Green Motion entend s’implanter outre Atlantique. La Chine, l’Inde et Israël sont également des marchés prometteurs avec notamment des contacts directs avec le géant de l’automobile Tata pour le lancement d’un projet pilote et la production de bornes sous licence, ainsi qu’une première série de bornes livrées en Israël cette année.

Modèles de financement
À la base, Green Motion installait des bornes dans les entreprises pour le parking des collaborateurs ou éventuellement pour leur flotte. Si c’était assez simple de vendre ainsi des bornes de recharge, ce l’était moins lorsqu’il s’agissait de s’adresser aux communes, et bien qu’elles étaient évidemment intéressées, elles butaient sur les circuits de décision pour débloquer des budgets. Ils ont alors étudié des solutions de financement adaptées aux communes qui permettent de financer l’infrastructure, en échange d’un accord de concession dans laquelle elles céderaient des places gratuitement, leur laissant la responsabilité de l’installation et de la maintenance des bornes. Leur rémunération était ensuite basée sur un pourcentage au kW vendu à l’utilisateur. Cela s’est avéré un modèle gagnant-gagnant, dans lequel tous les acteurs sont satisfaits: la commune, qui a sa borne; Green Motion, qui a sa place de parc dans un endroit public et l’utilisateur qui accède à une plus grande offre de points de recharge. Ce modèle est bien sûr étendu aux sociétés privées qui possèdent des places de parking accessibles au public. C’est le principe du réseau evpass, qui est d’offrir un réseau de bornes de recharge publiques disponibles au plus grand nombre sur la carte evpass.

« Notre but est de densifier le réseau en proposant plus de points de recharge qui doivent être adaptés au lieu de stationnement »

Pour ce qui est du développement du secteur, Stefan Lendi est confiant: « Aujourd’hui, le marché est bouillonnant grâce à trois facteurs qui entraînent une démocratisation de la mobilité électrique et stimulent le marché: Premièrement, la prise de conscience chez l’utilisateur du besoin d’opter pour un mode de déplacement durable, deuxièmement, la volonté politique de faire diminuer la production de CO2 et finalement, l’offre des constructeurs de véhicules désormais moins chers dans toutes ses gammes.

Une production made in Vaud à vocation sociale
Les bornes de Green Motion sont fabriquées à partir de composants (tôlerie, câblage) produits à 90% localement. Tout le matériel est acheminé vers les ateliers protégés de Polyval à Cheseaux-sur-Lausanne, où le montage est effectué par des personnes en situation de handicap ou en réinsertion professionnelle. « Ceci nous permet d’avoir une qualité assez exceptionnelle car ce mode de production particulier implique de nombreuses vérifications sur les chaînes de productions, mais aussi, cela nous permet de jouer un rôle social, ce qui pour nous est important. » conclut Stefan Lendi.