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La pandémie fait l’objet de maintes théories du complot qui vont de la version la plus plausible – le virus est issu d’un laboratoire de Wuhan –, à la moins probable – le virus a été créé par Bill Gates –. Une nouvelle affaire de « fake news » alimente l’hypothèse de l’Afrique comme terrain d’expérimentation

En plein milieu de crise sanitaire, une vidéo diffusée et partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux a créé la polémique, suscitant de vives réactions auprès des politiques, associations et célébrités, tous confondus. Rappelons des faits. En avril dernier, Camille Locht, directeur de recherche à l’Inserm à Lille, et Jean-Paul Mira, chef de service à l’hôpital Cochin à Paris, sont invités sur le plateau de la chaine d’informations française LCI. Les deux scientifiques échangent sur le potentiel de tester le vaccin anti-tuberculose (BCG) contre le covid-19 sur le continent africain. À la fin de l’émission, diffusée en direct, une personne, encore inconnue, a l’idée d’en soustraire une partie, et de la publier sur la toile. Le clip est devenu viral.

L’extrait en question concerne une suggestion provocatrice venant de Jean-Paul Mira. Ce dernier propose d’entamer une étude sur le continent, « où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation » . Son homologue, Camille Locht, se montre favorable au projet et répond d’être lui-même « en train de réfléchir à une étude en parallèle en Afrique. » La discussion s’articulait bien autour des études démontrant que le vieux vaccin du BCG pourrait stimuler l’immunité contre le covid-19, mais ces propos, en isolation, rendent impossible d’en deviner le contexte.

La dispute provoquée par l’émission de télévision est regrettable car elle contribue à augmenter la méfiance des pays africains déjà concernés par les abus

Camille Locht et Pr. Jean-Paul Mira sur LCI

Évidemment, le montage vidéo fait croire que les Africains sont les cibles d’un test de vaccin contre le coronavirus, donc de nombreuses publications le partagent, et ainsi il fait le tour de l’internet. Au-delà des commentaires sur Twitter ou Facebook, l’histoire fait grand bruit jusqu’à faire réagir le ministre des Affaires étrangères. Il assure que les propos « ne reflétaient pas la position des autorités françaises. » Par ailleurs, le président du Sénégal, Macky Sall s’est indigné, affirmant « L’Afrique ne saurait s’offrir comme terre de cobayes, » et, à son tour, l’ancienne star du foot ivoirien, Didier Drogba, s’est agacé, arguant que « L’Afrique n’est pas un laboratoire » .

Fake News
Face au déferlement des critiques suivant la mise en ligne de l’extrait, l’Inserm tente de se défendre et publie un communiqué dans lequel il évoque une vidéo tronquée qui fait « l’objet d’interprétations erronées » . Effectivement, en consultant la séquence dans sa totalité, nous comprenons mieux l’origine de la controverse. Du fait de son montage, la vidéo a donné lieu à un « fake news » .

À l’époque où la France était en confinement strict, et sujette aux mesures de sécurité drastiques, distanciation sociale, hygiène des mains, port de masques, le pays jouissait d’une haute protection contre le virus. Il était alors clair que l’intensité de l’infection diminuerait au fur et à mesure que la situation évoluait. En revanche, afin de mener une étude clinique, il fallait qu’une très grande partie de la population soit malade. Voici pourquoi les experts en déduisaient que le test de vaccin expérimental devrait se faire à l’étranger, et, plus particulièrement en Afrique, qui par sa taille et son infrastructure sanitaire, aurait de plus fortes chances d’héberger des cas, en nombres suffisants, de covid-19. Il était donc tout à fait acceptable de vouloir étendre ce type d’essai sur le continent. Pour en finir avec l’histoire, Camille Locht et Jean-Paul Mira, ont présenté leurs excuses auprès de tous ceux « qui ont été heurtés ou choqués par des propos maladroitement prononcés. »

Terrain d’expérimentation
La dispute provoquée par l’émission de télévision est regrettable car elle contribue à augmenter la méfiance des pays africains déjà concernés par les abus, notamment le Nigéria, à l’égard des vaccins. En parallèle, le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur éthiopien, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est régulièrement appelé à démentir les rumeurs qui voudraient que le continent soit un terrain d’expérimentation. Une tâche rendue d’autant plus difficile que le virologue congolais, le Pr. Jean-Jacques Muyembe, a affirmé dans la foulée, que son pays, la République Démocrate du Congo, était candidat d’un vaccin contre le coronavirus. Le professeur a dû revenir sur ses propos face au tollé engendré, car à ce jour, aucune étude de ce genre n’est en cours sur le continent africain. Cependant, des tests ont bien démarré dans d’autres pays, notamment en Australie (4160 volontaires) et aux Pays-Bas (1000 personnes), alors qu’en Allemagne et aux États-Unis les essais sont en cours de préparation.