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D’insolents succès en arnaques magistrales, le nouveau monde de la cryptomonnaie est peuplé d’histoires incroyables mais vraies et de personnages bien réels qu’on croirait directement sortis de films de fiction. En voici trois, qui ont défrayé la chronique ces dernières années.

Le petit prince Youtubeur

Owen Simonin est né en 1997 et il est déjà l’une des personnalités francophones les plus influentes de l’univers du Bitcoin et des cryptomonnaies. Le Bac en poche, ce Corse d’origine monte étudier en 2015 à l’HEDHEC de Lille, où il ne terminera pas son cursus. La raison ? Sa chaîne YouTube « Hasheur » (hash : l’action de convertir un fichier en données cryptographiques) créée en 2016 et dédiée au Bitcoin a décollé, ne lui laissant plus de temps à perdre à étudier alors qu’il prodigue ses crypto-conseils à des centaines de milliers d’internautes, dont 80 000 abonnés. Il a entretemps lancé avec son frère William la société Just Mining, qui propose principalement d’investir dans du matériel et des activités de minage de cryptomonnaies. Pour ce faire, il a récolté 75 000 euros en une semaine à l’aide du financement participatif. « J’ai été obligé de terminer la campagne avant la date prévue, de peur d’avoir trop d’argent et de ne pas pouvoir honorer les commandes ! » s’explique-t-il lors d’une interview sur Capital.fr.


Ce qui lui a permis de prendre son envol, la société affichant un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros dès son premier exercice. Le fulgurant succès propulse les deux frères au salon high-tech de 2019 à Las Vegas (CES), où Just Mining représente la French Tech. Le projet d’Owen est simple : « révolutionner le capitalisme » en vendant des machines à fabriquer de l’argent… Et ça marche ! Sa petite entreprise ne connaît pas la crise et fournit des solutions clé en main pour générer des cryptomonnaies à l’aide de machines dont le prix varie entre 1000 et 18 000 francs que son équipe assemble à la main dans son atelier. Il suffit de les brancher sur internet pour commencer le « minage », qui consiste à valider des transactions sur le réseau et entraîne une rémunération automatique en cryptomonnaies. Problème : le minage est particulièrement énergivore… Qu’à cela ne tienne, Owen a la solution : il compte racheter un barrage hydroélectrique pour subvenir proprement et économiquement aux besoins de son activité. On l’a deviné, le petit génie de la cryptomonnaie est un touche-à-tout et a beaucoup d’ambition. Sa place est désormais établie et attire de prestigieuses entreprises qui lui ont fait de belles offres de rachat, mais les montants ne sont à son goût pas assez élevés. Quand on lui demande à combien il céderait Just Mining, il répond du haut de ses 23 ans : un demi-milliard d’euros.

Le projet d’Owen est simple : « révolutionner le capitalisme » en vendant des machines à fabriquer de l’argent… Et ça marche !

A la rencontre de l’alien autiste de génie

Jeune prodige informatique, Vitaly Dmitriyevich Buterin, alias Vitalik, est né à Moscou et s’est installé avec sa famille au Canada à l’âge de 6 ans. Ayant passé son adolescence entre instituts spécialisés pour «hauts potentiels» et le jeu en ligne World of Warcraft, il abandonne ses études universitaires pour consacrer son temps à la fabrication de sa propre chaîne de blocs (blockchain), pour laquelle il dépense la réserve de Bitcoins qu’il avait accumulée, ainsi qu’une bourse de 100 000 dollars offerte par l’entrepreneur Peter Thiel. Le déclic, c’est lui qui l’explique : « J’ai joué avec bonheur à World of Warcraft de 2007 à 2010, mais un jour, Blizzard (créateur du jeu, ndlr) a supprimé le damage component (un élément de protection, ndlr) du Siphon de Vie (comprenne qui pourra) de mon sorcier bien-aimé. Je me suis endormi en pleurant, et ce jour-là, j’ai réalisé les horreurs que les services centralisés peuvent engendrer. »

Vitalik et le logo d'Ethereum Cryptomonnaie Hasheurcrypto-arnaque Ruja Ignatova : The Missing Cryptoqueen.
Portrait de Vitalik, reprenant les facettes du symbole d’Ethereum, le protocole d’échanges décentralisés qu’il a inventé

Bienvenue sur la planète Vitalik, le monde de la cryptomonnaie allait en être changé à jamais. En effet, le père du jeune autiste prodige avait déjà parlé à son fils du Bitcoin, mais ce dernier n’en avait pas saisi l’avantage, comparé aux monnaies étatiques liées par définition aux banques centrales. C’était avant d’être meurtri dans sa propre chair par le service centralisé du jeu en ligne. La recherche de la décentralisation – que permettent justement les cryptomonnaies – devient alors un principe qui le guide dans toutes ses recherches.

Devenu blogueur, il attire l’attention d’un autre jeune talent, le Roumain Mihai Alisie, qui lui propose de fonder Bitcoin Magazine, qui devient rapidement la publication de référence pour les spécialistes. Les travaux de Vitalik aboutissent à la création d’un nouveau protocole décentralisé qui fait baisser significativement les coûts des transactions. Ethereum était né, utilisant comme valeur d’échange l’Ether, qui devient le premier concurrent de Bitcoin. Il établit avec son associé Mihai sa société dans la fameuse Crypto Valley de Zoug, la capitale du genre. Les activités de Vitalik l’amènent à voyager dans le monde entier, à tel point qu’il déclare sur son site internet résider à Cathay Pacific (la ligne aérienne de Hong Kong).

La légende raconte qu’il aurait appris à parler le mandarin en quelques jours grâce à une app. Un de ses proches collaborateurs, Joseph Lubin, le décrit comme un génie alien, débarqué sur cette planète pour nous amener le sacro-saint cadeau de la décentralisation. Mais le succès n’est pas monté à la tête du jeune Vitalik. Il a gardé un code d’éthique face à la flambée récente des cryptomonnaies, entraînant dans son sillage un lot de millionnaires immatures et égocentriques. Pour lui, il faut « faire la différence entre gagner des centaines de milliards de dollars en fortune numérique et accomplir quelque chose de significatif pour la société ».

“Je me suis endormi en pleurant et ce jour-là, j’ai réalisé les horreurs que les services centralisés peuvent engendrer. ”

Vitalik

La reine de la crypto-arnaque

Dans un style radicalement différent, le tout nouvel univers magique de la cryptomonnaie a également ses recoins sombres. Le plus bel exemple nous est donné à travers l’aventure de la star incontestée de l’arnaque universelle : Ruja Ignatova. Cette Bulgare est parvenue à inciter des millions d’adeptes à investir jusqu’à la totalité de leurs économies dans sa cryptomonnaie baptisée OneCoin, qui devait, selon elle, enterrer le Bitcoin. Entre août 2014 et mars 2017, elle a allégé de plus de 4 milliards de francs des investisseurs crédules venus du monde entier.

Cryptomonnaie Hasheur ethereum crypto-arnaque Ruja Ignatova : The Missing Cryptoqueen.
Image d’introduction au podcast de la BBC dédié à la folle aventure de Ruja Ignatova : The Missing Cryptoqueen.

Tous l’attendaient impatiemment, mais elle n’est jamais venue. Le monde a perdu sa trace depuis ce jour. Évaporée.

Il faut dire qu’elle n’avait pas lésiné sur les moyens, organisant une flopée de webinaires au cours desquels les animateurs vantaient sa carrière de brillante femme d’affaires : études à l’Université d’Oxford, titulaire d’un doctorat de l’Université de Constance, ancienne collaboratrice du célèbre cabinet de conseil en gestion McKinsey & Co. Mais ce qui a convaincu la plupart de ses victimes fut son discours lors d’une conférence organisée par le célèbre magazine The Economist et son portrait sur la couverture du magazine Forbes (en fait une page de publicité payante sur la page de couverture intérieure de l’édition bulgare). À l’instar du gourou d’une secte, l’indélicate manipulatrice a réussi à créer un véritable esprit de famille autour de son discours « visionnaire » sur cette nouvelle manière de gagner de l’argent.

Le professeur Eileen Barker de la London School of Economics, qui a passé des années à étudier des groupes comme les Moonies et les scientologues, a expliqué à la BBC les similitudes entre OneCoin et les sectes messianiques millénaristes, dont les membres sont convaincus de participer à un projet d’envergure qui va changer le monde – au mépris de tous les signaux. Une fois enrôlés, ils vivent dans un déni presque absolu de la réalité. Ce qui explique leur relative passivité lorsque, en dépit des sommes astronomiques investies dans OneCoin, les retours sur investissement se faisaient toujours attendre. Si les autorités du monde entier ont été lentes à réagir, c’est en partie à cause de la relative nouveauté des cryptomonnaies. Dans les faits, OneCoin reposait sur un système classique d’arnaque pyramidale et non sur une blockchain, l’élément garantissant la sécurité et la transparence de la structure. Les courbes croissantes sur le site web de OneCoin n’avaient aucune tangibilité, elles n’étaient que le résultat de chiffres tapés sur un clavier d’ordinateur par un employé du système.

Pendant ce temps, OneCoin continuait de croître rapidement, et le Dr Ruja dépensait sa nouvelle fortune, voyageant dans le monde entier pour promouvoir son projet, achetant des propriétés de plusieurs millions de dollars dans la capitale bulgare, Sofia, ou la station balnéaire huppée de la mer Noire de Sozopol. La reine de la cryptomonnaie, comme elle se faisait appeler, organisait des fêtes sur son luxueux yacht, invitant des stars américaines comme Bebe Rexha pour y donner des concerts privés.

Mais l’ouverture d’un marché d’échange longuement promis ne se matérialisait pas, et certains gros investisseurs ont commencé à s’en inquiéter. La question devait être réglée lors d’un grand rassemblement de promoteurs de OneCoin à Lisbonne en octobre 2017. Tous l’attendaient impatiemment, mais elle n’est jamais venue. Le monde a perdu sa trace depuis ce jour. Évaporée. Le dernier signe qu’elle a laissé est sa présence sur un vol Ryanair Sofia-Athènes 15 jours plus tard. Depuis, son frère Konstantin Ignatov, qui travaillait avec elle, a été arrêté par le FBI et a plaidé coupable devant le Tribunal de New York en octobre 2019 pour plusieurs fraudes liées à OneCoin. Pour sa défense, il a accusé sa sœur de l’avoir dupé.

Le célèbre journaliste anglais Jamie Bartlett a produit un podcast pour la BBC dédié à la folle aventure de Ruja Ignatova : The Missing Cryptoqueen. Il y interviewe notamment le détective privé Alan McLean, qui a longuement enquêté sur cette affaire. D’après celui-ci, la reine déchue aurait changé d’identité, de visage et vivrait cachée entre Francfort, Dubaï et la Russie. Son aventure se termine ainsi, dans l’anonymat et la crainte, après avoir ambitionné de devenir la femme la plus riche du monde.