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    • Environnement

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      Canton de Vaud

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      Vaud+, la marque territoriale qui rayonne

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      Le branding territorial n’est pas vraiment une nouveauté et ce n’est pas les cantons du Valais ou des Grisons qui diront le contraire. Et comme les Vaudoises et les Vaudois ont du talent, il fallait le dire haut et fort, il fallait le faire...

  • Kits média

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Le cinéma, on le sait, est à bien des égards un reflet des réalités et des tendances au sein de la société, un instantané de notre rapport au monde qui nous entoure. Le 7e art évolue avec les mentalités, il nous tend un miroir tour à tour passionnant, inquiétant, drôle, optimiste ou tragique de ce qui se trame sur notre petite planète. Une sorte de compte rendu de nos espoirs, nos inquiétudes, nos doutes, nos rêves et nos désillusions à un instant T.

Aussi avons-nous décidé de faire le tour de quelques films emblématiques qui ont contribué à façonner l’image de la police au fil des dernières décennies, et à souligner le regard que portent les jeunes générations successives sur ce métier/vocation/sacerdoce (biffez les mentions inutiles). Le film policier est un genre en soi, un pan titanesque du cinéma de toutes les époques. La relation d’une société à ses forces de l’ordre est en effet le standard à l’aune duquel se mesure le degré de confiance de la population envers le pouvoir établi, le quotient amour/haine à l’égard des institutions, mais aussi des individus (ou groupes) les uns vis-à-vis des autres.

Jusqu’à la fin des années 60, les policiers de fiction sont le plus souvent propres sur eux, des gendres idéaux, défenseurs de la veuve et de l’orphelin, unanimement respectés pour leur dévouement en faveur du bien commun. Les méchants sont facilement identifiables : ils ont une sale tête, ils opèrent en gang et tout le monde les déteste ou du moins les craint. Dans cet esprit, le célèbre Clan des Siciliens (1969) établit une ligne claire entre la pègre et la police à ses trousses. Entre camps opposés, on se connaît voire on se respecte, mais on ne fricote pas.

L’affiche du film: Le Clan des Siciliens

C’est dans les 70’s que ça se gâte. L’amour universel engendré par la fin de la Seconde Guerre mondiale commence à avoir du plomb dans l’aile, les trente glorieuses sentent un peu le roussi, les mouvements de contestation en tout genre deviennent pain quotidien. Les jeunes ne veulent plus de la société de papa, réac, austère et bien-pensante. Tuer le père, on en revient toujours là… C’est là qu’apparaît l’un des premiers hard-boiled cops à ouvertement braver une hiérarchie aux cols amidonnés et à dézinguer sec les pourris de tous bords, que la loi laisse un peu trop peinards à son goût : L’Inspecteur Harry (1971, Dirty Harry pour les intimes). En filigrane, c’est la remise en question d’un système figé et dépassé, qui ne correspond plus à son époque troublée, et qui, par sa mollesse naïve et conservatrice, protège de facto une frange de privilégiés.

À la même époque en France, nombreux sont les films qui dépeignent une police corrompue, abusant de son pouvoir à des fins personnelles, en toute impunité (une perle méconnue : Les Assassins de l’ordre, de Marcel Carné avec Jacques Brel, 1971). Entre la société et ses gardiens de la paix, c’est le désamour, le divorce est consommé. Ceux qui sont dépeints en héros sont toujours en marge du système, comme leur cousin américain Harry. Un bel exemple de cette dichotomie : Flic ou voyou (1979), où Jean-Paul Belmondo incarne un policier insoumis aux prises avec des collègues pourris jusqu’à l’os. L’incontournable Bébel taillera d’ailleurs sa légende en incarnant à de nombreuses reprises un flic franc-tireur et décomplexé, à qui on ne la fait pas. Désormais, l’ennemi, c’est la police à l’ancienne et l’establishment très Ancien Régime qu’elle représente. On casse tout et on recommence.

Les policiers donnent dans le biceps, ils tabassent, castagnent, dérouillent

La maréchaussée redore un peu son blason dans les années 80, à l’heure où les méchants sont désormais plutôt dans le camp des trafiquants (drogue, armes, êtres humains, on vous laisse choisir), des dealers et autres énergumènes qu’il serait sage d’éviter la nuit dans les parkings mal éclairés. Les policiers donnent dans le biceps, ils tabassent, castagnent, dérouillent. Ils demeurent le plus souvent allergiques aux procédures, prennent des libertés avec le protocole, s’attirent les foudres de leurs supérieurs, mais toujours pour faire triompher un idéal de justice face aux manquements de la loi. Le flic de Beverly Hills (1984) ou L’Arme fatale (1988) sont deux des figures de proue mythiques de cette vague de films policiers aux héros aussi irrévérencieux que furieusement fun.

Dans les années 90, on assiste à l’essor du « flic de substitution », le quidam propulsé plus ou moins malgré lui au cœur de l’action, contraint de faire le boulot d’une police totalement dépassée par les événements. Une sorte de Monsieur Presque-tout-le-Monde sous amphétamines, bien souvent un ancien policier déchu ou un ex-taulard repenti, quand ce n’est pas les deux à la fois. Cette tendance (qui en dit long sur l’impuissance et/ou l’incompétence policières telles que vues par le public ?) avait formellement été amorcée en 1988 déjà, avec le cultissime Piège de Cristal. Mais c’est la décennie suivante qui lui déroule véritablement le tapis rouge. Les ailes de l’enfer (1996), Cliffhanger (1993), The Rock (1996), Piège en haute mer (1992) : les vrais torpilleurs de bad guys ne sont pas des fonctionnaires à badge. Mais soyons honnêtes, tout cela était surtout une belle excuse pour envoyer du gros film d’action sur fond d’intrigue vaguement policière !

L’affiche du film: Training Days

Depuis les années 2000, les flics de cinéma se permettent d’être fragiles, parfois dépressifs, presque toujours autodestructeurs, se posent de véritables questions existentielles quant à la société et leur rôle au sein de celle-ci. Cynique et manipulateur comme Denzel Washington dans Training Day (2002), ambitieux et désenchanté comme Gérard Depardieu dans 36, quai des Orfèvres (2004). Après celle du héros ordinaire, puis du super-héros, c’est clairement l’ère de l’antihéros. On voit percer l’humain sous le bouclier fissuré. Des séries comme Braquo (2009) ou Engrenages (2005) démontent méthodiquement le mythe du policier omnipotent et omniscient. C’est sombre, complexe, comme sait l’être la vie parfois. Le manichéisme a disparu au profit de notions souvent aussi contradictoires qu’inextricablement liées, au point d’en perdre tous les repères de bien et de mal.

On vous le disait, le cinéma est avant tout l’enfant de son époque…