• Interview

      Dossiers Publics interroge celles et ceux qui font bouger la Suisse: les actrices et acteurs issus du monde politique ainsi que des secteurs privés et publics
    • Pompiers, les gardiens du feu sacré
      Pompiers, les gardiens du feu sacré

      Avec un cahier des charges des plus diversifiés, les sapeurs-pompiers sont sur tous les fronts, et pourtant on les connaît souvent mal. Nous sommes allés à la rencontre du major Rémy Décombaz, commandant du Corps de sapeurs-pompiers volontaires « Cœur de Lavaux »...

      Sécurité 2.0, l’objectif de Mauro Poggia
      Sécurité 2.0, l’objectif de Mauro Poggia

      Quelles solutions pour notre société en voie de numérisation? Conscient des enjeux posés par cette mutation, le conseiller d’État genevois Mauro Poggia multiplie les actions et les partenariats, avec en ligne de mire la sécurité de demain. Déjà au centre des...

    • VS: des mesures pour préserver la vache d’hérens

      VS: des mesures pour préserver la vache d’hérens

      Star emblématique des alpages valaisans, la vache d’Hérens tend à se raréfier, malgré le succès sans cesse renouvelé de ses fameux combats de Reines. Une diminution du cheptel que connaissent aussi les neuf autres races ovines et bovines locales, et que le canton a...

    • GE: pour une meilleure gestion de l’eau potable…

      GE: pour une meilleure gestion de l’eau potable…

      Face aux défis posés par l’urgence climatique, la pollution et une démographie galopante, l’eau s’impose plus que jamais comme un enjeu majeur en matière de santé publique. Confrontée en 2019 à un rapport de sa Cour des comptes pointant certaines faiblesses dans sa...

    • VS : des vagues au cœur des alpes

      VS : des vagues au cœur des alpes

      Les adeptes du surf vont s’en donner à cœur joie ! Non contents de pouvoir pratiquer leur sport de glisse favori sur les pentes enneigées du Valais, ils sont désormais invités à tester leur agilité sur les rouleaux océaniques d’Alaïa Bay. Première piscine à vagues...

    • Pierre Maudet recruté dans la cybersécurité par Wisekey

      Pierre Maudet recruté dans la cybersécurité par Wisekey

      Peu de temps après avoir quitté le Conseil d'État genevois, Pierre Maudet a déjà trouvé un nouvel emploi. La firme genevoise Wisekey, spécialisée dans la cybersécurité, a annoncé le 3 mai son embauche au poste de directeur de la transformation numérique. L'ancien...

    • Joseph Bonnemain redonne espoir au diocèse de Coire (gr)

      Joseph Bonnemain redonne espoir au diocèse de Coire (gr)

      Le diocèse de Coire ne pouvait rêver meilleur homme pour ramener la paix et la sérénité au cœur d’une congrégation malmenée par des décennies de conflits. Nommé par le pape en personne, ce Jurassien d’origine avait d’abord étudié la médecine, avant de se consacrer à...

    • Christine Schraner Burgener, une diplomate pour veiller aux migrations

      Christine Schraner Burgener, une diplomate pour veiller aux migrations

      Une fois encore, la gent féminine démontre qu’elle a toute sa place aux plus hautes responsabilités. Avec la nomination de Christine Schraner Burgener à la tête du dernier Secrétariat d’état encore en mains masculines, cette fonction quasi ministérielle est désormais...

    • Denise Tonella face au défi du Landesmuseum de Zürich

      Denise Tonella face au défi du Landesmuseum de Zürich

      Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Landesmuseum de Zürich tient une place à part. Soutenu par la Confédération, pourvu de multiples filiales, constamment en travaux, à la tête de collections pléthoriques, la vénérable institution inaugurée en 1898 représente...

    • Michaela Schärer prend la direction de la Protection de la population

      Michaela Schärer prend la direction de la Protection de la population

      Quel meilleur choix, pour reprendre les rênes de l’OFPP, qu’une personnalité aguerrie, forgée par une longue carrière au service de l’administration, et plus particulièrement au sein même du DDPS ? Première femme nommée à cette fonction, Michaela Schärer est tout cela...

    • Événement

      Retrouvez les derniers événements auxquels Dossiers Publics était présent

    • Une aide-soignante engagée

      Une aide-soignante engagée

      Doris Abbyad, aide-soignante aux HUG depuis 1983 (en unité d’attente de placement en EMS) et présidente de l’association Culture & Loisirs (association de personnel hospitalier et de santé sociale), nous livre son vécu de la crise du covid-19. Quelles difficultés...

    • Rentrée des entreprises 2019

      Rentrée des entreprises 2019

      Dossiers Publics était présent à la Rentrée des Entreprises 2019 à l'Arena de Genève, l'événement...

    • Cahiers spéciaux

      Retrouvez ici nos Cahiers Spéciaux traitant des grandes thématiques relatives à la Romandie
    • Environnement

      Daphne Technology, comme un air de mer propre

      Daphne Technology, comme un air de mer propre

      Limiter la pollution atmosphérique par la purification des gaz d’échappement et révolutionner l’industrie du transport maritime, c’est le rêve d’une start-up née à l’EPFL. Active dans la très en vogue technologie propre, et désormais forte d’un financement de l’UE,...

      L’environnement, un creuset fertile pour la formation

      L’environnement, un creuset fertile pour la formation

      Face aux défis écologiques qui sous tendent notre marche vers l’avenir, les formations en lien avec l’environnement connaissent un essor sans précédent. Ainsi en Suisse, où les cursus se multiplient. S’il est un enjeu qui domine en ce début de siècle, c’est bien la...

      Canton de Vaud

      Pascal Broulis: “l’État doit être un catalyseur de projets”

      Pascal Broulis: “l’État doit être un catalyseur de projets”

      Cathédrale de Lausanne, Château St-Maire, Vaudoise Arena, Vortex, Maison de l’Environnement, MCBA ou encore Plateforme 10, autant de noms évocateurs de chantiers et de réalisations d’envergure entrepris depuis 2017 dans le canton avec l’Etat de Vaud comme point commun...

      Vaud+, la marque territoriale qui rayonne

      Vaud+, la marque territoriale qui rayonne

      Le branding territorial n’est pas vraiment une nouveauté et ce n’est pas les cantons du Valais ou des Grisons qui diront le contraire. Et comme les Vaudoises et les Vaudois ont du talent, il fallait le dire haut et fort, il fallait le faire...

  • Kit Média 2021

Publicités

Antonio Hodgers, Président du Conseil d’Etat chargé du département du territoire, revient sur les chantiers réalisés et les projets en cours dans le cadre du développement urbain. Dans ce contexte, la protection de l’environnement est, pour lui, une priorité.

Dossiers Publics: Les villes intelligentes et les écoquartiers sont-ils vraiment l’avenir dans le bassin lémanique? Comment cela se retranscrira-t-il selon vous en termes économiques, écologiques et sociaux?

Antonio Hodgers: Les écoquartiers ne sont pas une musique d’avenir mais déjà bien implantés dans le tissu urbain genevois. Je pense par exemple  à l’écoquartier des Vergers à Meyrin, qui accueillera 3000 nouveaux habitants d’ici 2020, ces quartiers durables sont une nécessité de nos jours pour respecter au mieux notre environnement, être performant en matière énergétique et favoriser les liens sociaux. Ce nouveau mode d’habiter allie plusieurs axes d’importance qui manifestement correspondent aux attentes de la population en matière de qualité urbaine.

Les villes intelligentes, aussi appelées «Smart cities», permettent d’articuler la révolution numérique avec la qualité attendue dans les villes. Les applications potentielles sont multiples, par exemple en matière de gestion de la mobilité ou d’accès aux donnés du territoire. L’essentiel me semble être que ces dispositifs servent d’abord l’intérêt général.

Quels sont à votre avis les opportunités et les risques de ce regroupement local de représentants de différentes couches de la population (transculturalité, commerce de proximité, inclusivité …)?

La mixité, qu’elle soit culturelle, sociale ou d’activités, représente à mes yeux plus d’atouts et d’opportunités que de risques. La mixité sociale par exemple passe par la définition des types de logements à réaliser dans chaque quartier. Nous devons tendre à un ratio de 1/3 de logements sociaux, 1/3 de locatifs pour la classe moyenne et 1/3 de propriétés par étage pour la classe moyenne et supérieure. Ce mélange des catégories permet d’éviter le phénomène des ghettos ou la gentrification de quartiers entiers, néfastes au vivre ensemble. Car un quartier ne se résume pas uniquement à un alignement d’immeubles, il lui faut une âme; il faut certes créer du logement, mais aussi y proposer des liens sociaux entre les habitants.

En quoi consiste la stratégie énergétique 2050, adoptée par le conseil Fédéral?

Elle a pour but une société à 2000 Watts sans nucléaire, c’est-à-dire qui ne consomme pas plus que ce que la planète peut lui donner. Concrètement, au niveau suisse, il s’agit de diviser par trois la consommation énergétique par personne d’ici 2050 et de développer les énergies renouvelables, comme le solaire, l’éolien, l’hydraulique ou la biomasse, pour couvrir trois quarts des besoins.

Quels sont les grands axes prévus par le canton de Genève pour mettre en œuvre tout cela?

Pour Genève, l’objectif intermédiaire de réduire la consommation thermique d’énergie fossile annuelle par personne de -29% d’ici 2020 (objectif fixé en 2000) a déjà été atteint en 2016! La prochaine étape est d’atteindre ­une baisse de 53 % de consommation en 2035. D’ici 2023 déjà, nous visons une diminution de 10 % de watts par habitant.

Nous travaillons sur deux principaux projets d’importance à Genève : la géothermie profonde et Genilac. Le premier consiste à utiliser la chaleur de la terre pour le chauffage ou la production d’électricité. C’est une source d’énergie locale, propre, renouvelable et disponible en continu. La géothermie pourrait couvrir environ 20% des besoins de chaleur du canton d’ici à une vingtaine d’années. Le second, Genilac, est un réseau qui utilise l’eau du lac pour amener du chaud et du froid au centre-ville et dans le secteur de l’aéroport. Je mentionnerai aussi les toits de Genève qui représentent une belle opportunité : l’objectif est de doubler tous les cinq ans la production d’énergie solaire.


Le forage exploratoire de Satigny, réalisé dans le cadre du programme de géothermie profonde: GEothermie 2020

Quel budget a été alloué au Canton pour les rénovations énergétiques?

Concernant les rénovations énergétiques, le Canton en collaboration avec la Confédération, via le programme Bâtiments, offre chaque année des subventions généreuses aux propriétaires immobiliers. En 2019, ce sont 35 millions de francs qui sont mis à disposition pour effectuer une rénovation énergétique d’un bâtiment, contre 32 millions en 2018 et 25 millions en 2017.

Un quartier ne se résume pas uniquement à un alignement d’immeubles, il lui faut une âme; il faut certes créer du logement, mais aussi y proposer du lien social entre les habitants

Quels sont les avantages qu’offre le canton pour inciter les propriétaires à la rénovation?

Le Canton de Genève et les services industriels de Genève (SIG) unissent désormais leurs forces pour accélérer la transition énergétique du canton. Cela se concrétise par la mise en œuvre de mesures conjointes. Il s’agit, d’une part, de favoriser la rénovation énergétique du bâti grâce aux subventions coordonnées entre la Confédération, le Canton et les SIG et, d’autre part, de trouver des solutions inédites pour encourager les initiatives de rénovation. Ces mesures permettent d’apporter un coup d’accélérateur à l’assainissement énergétique du parc immobilier genevois ainsi qu’au développement des énergies renouvelables. Par exemple, les économies d’énergie réalisées depuis plus de dix ans grâce au programme SIG-éco21 et la rénovation énergétique du domaine bâti permettent au canton de Genève d’être un leader de la transition énergétique.

Le Canton a aussi engagé des partenariats avec des grands consommateurs, des acteurs du secteur de l’hôtellerie et des propriétaires de parc immobilier pour réaliser un audit de leur consommation énergétique.

Les communes genevoises s’emparent aussi de cette problématique. C’est le cas de Bernex avec son programme «Sortir du Mazout», dont l’objectif est de réduire de 96 % la consommation de mazout à l’horizon 2030 ou encore le projet pilote «Onex-Rénove», qui a pour but de faciliter et d’encourager les rénovations énergétiques des bâtiments de la Cité.

Quel impact le Léman Express aura-t-il sur l’urbanisme?

Le Léman Express, c’est bien plus qu’une ligne de transport. Cet axe ferroviaire deviendra la colonne vertébrale du développement urbain du canton avec de nouveaux quartiers qui naissent le long de la ligne. Autour des cinq gares en construction côté suisse et celle d’Annemasse, de nouveaux quartiers vont voir le jour avec pas moins de 3000 logements en perspective. Le Léman Express permettra aussi de relier les nouveaux quartiers, tels que ceux des Cherpines, ainsi que les secteurs de l’aéroport et de Sécheron.

Ce nouvel axe de transport agira comme un aimant pour construire la ville de demain que l’on souhaite être celle des courtes distances. Par ailleurs, le Conseil d’Etat prévoit de mettre à disposition de la population une offre supplémentaire de 20 % de transports collectifs par rapport à 2019. Cela se traduira notamment par un grand nombre de rabattements de lignes vers les gares du Léman Express, qui vont fortement modifier les habitudes en termes de mobilité à Genève et dans la région.

Genève est l’un des six cantons romands les plus actifs en termes de constructions (tous chantiers confondus). L’impact environnemental a-t-il été calculé? Quelles mesures ont été mises en place pour protéger l’environnement?

La protection de notre environnement, qu’il soit naturel ou bâti, me tient à cœur. Il s’agit de protéger la zone agricole, les cours d’eau, les forêts et de construire des centres urbains là où cela a du sens. Le développement urbain est à inscrire dans une logique de durabilité. L’aménagement du territoire doit diminuer son impact sur l’environnement et intégrer des notions de transition énergétique, de protection de la zone agricole et de corridors biologiques. C’est justement là que réside l’un des principaux enjeux du Projet d’agglomération, car la nature ne se préoccupe pas des frontières humaines; les pénétrantes de verdure sont à préserver selon une approche de nature «sauvage».

Désirez-vous aussi combiner ville dense et nature?

Nous devons aussi pouvoir combiner la ville dense avec la nature : construire «la ville en ville» est un moyen de préserver des espaces de nature intacts! Vivre en ville est le mode le plus écologique, c’est à dire avec le moins d’impact possible sur l’environnement. C’est pour cela que nous devons densifier autour des axes de transports publics. Une autre mesure consiste à ramener de la nature en ville, dans les nouveaux quartiers. Nous y planifions la création d’environ 900 000 m2 d’espaces verts, dont 50 % seront des parcs à usage public, soit près de huit fois le parc des Bastions. La plantation d’arbres va aussi s’intensifier et les toits végétalisés sont encouragés par le biais de subventions. Une ville plus végétale et aussi blanche nous aidera à lutter contre le phénomène des îlots de chaleur.